Les Poilus Cantalous

Nouvelle vie d'une famille très… poilue

Étiquette : Anouk

J’ai tenu dans mes bras une brebis.

Balade du matin.
Le soleil perce les nuages, les gouttes se font plus rares, le moment parfait pour sortir après ces derniers jours de pluie.
Pour ne pas tenter le diable, on fait la balade de 30/45 minutes, afin de minimiser le risque de subir un changement soudain de météo (bon, je l’avoue, sur la fin, on s’est prise quelques gouttes).

Nous avançons sur le chemin, et approchons tranquillement l’enclos des moutons (qui ont d’ailleurs migré dans la pâture en face de celle habituelle). Au loin, j’en vois un qui semble coincé dans le grillage, zut.
Nous passons devant l’enclos, je n’ai plus le mouton en vue, caché par les arbres.
Et puis là, un agneau s’approche de nous deux, malgré la présence d’Anouk, et nous bêle dessus de toutes ses forces.
Qui a dit que les moutons étaient bêtes ?

Je contourne donc la pâture, à travers la forêt, et je vois une brebis qui tente sans succès de rentrer dans la pâture mais qui n’arrive pas à franchir le grillage. Anouk ne s’est pas encore approchée, je tente d’aller vers la brebis pour soulever le grillage et espérer qu’elle s’y faufile mais elle est terrorisée par ma présence et me fuit. Le grillage, de son côté, est bien fixé et laisse très peu de place à un brebis pour s’y faufiler.

Anouk arrive, attirée par les bêlements. Premier contact sans grillage avec un brebis, elle se contente d’habitude de les faire fuir et de s’exciter un peu derrière la clôture, presque des appels au jeu.
S’en suit alors une suite de rappel et de « je cours après la brebis, c’est marrant ». La brebis ne sait pas trop quoi faire, moi non plus.

Après plusieurs minutes où nous tentons chacune de notre côté de trouver une solution à ce problème (moi en tentant de trouver de quoi soulever la clôture à distance voir sans ma présence afin d’y faire passer la brebis, elle en continuant de foncer tête baissée dans le grillage, et Nounouk en train de se dire que c’est marrant comme jeu), la brebis fuit poursuivie par Anouk bien contente d’avoir un peu d’action.
Des aboiements.
Je m’enfonce dans la forêt et ses ronces, pensant qu’Anouk s’est accrochée à un arbre (ouf, elle a toujours son collier), et je retrouve la brebis tétanisée au sol avec une Nounouk qui essaie de la relever.
Pas de trace de morsure.

Faute de mieux, je prends la brebis dans mes bras. Ouf, le cœur bat toujours, très vite, certes. Je refais le chemin vers la pâture à travers les ronces, tentant de trouver le chemin le moins obstrué. Le sol n’est pas stable et la brebis commence à reprendre ses esprits et s’agiter un peu. Ouf. J’arrive jusqu’à la clôture, je ne peux pas m’approcher pour me pencher afin de déposer directement la brebis sur le sol car un fil barbelé obstrue mon chemin et le poids de la brebis m’empêche de coordonner correctement mes mouvements.
Je me penche du mieux que je peux afin de limiter le choc. La brebis passe la clôture, boitille sur quelques pas, reprends ses esprits, et fonce vers le troupeau.

Plus de peur que de mal.
(Si on exclue mon pantalon, déchiré de toutes parts)

Ode à ma chienne

Ce matin, un couple de Témoins de Jéhovah a sonné chez moi.

« Mais il y a bien un grand architecte à tout ça ? »
Vingt minutes à tourner autour de l’Intelligent Design (aka Créationnisme), à essayer de chercher à placer cette idéologie au même niveau scientifique que la théorie de l’Évolution.
Loupé.

« Nous sommes en vacances, donc on en profite ! »
Drôle de façon de profiter de ses vacances, si les miennes consistaient à sonner chez des inconnus pour me faire rembarrer sur mes croyances, je resterais planquée chez moi.
Mais, je m’interroge, comment réussir à mobiliser toute cette énergie alors que les retours seront plutôt vains ? La grande peur de savoir son Dieu en danger ? Qu’à la manière d’American Gods de Neil Geiman, leur Dieu sombre dans l’oubli et la décrépitude et perde progressivement ses pouvoirs ?

Et puis cette phrase : « les animaux ne peuvent pas percevoir la beauté comme nous devant un coucher de soleil ». D’autres exemples me sont venus en tête lors de la conversation, puis je pense à toi, ma chienne.
Combien je t’envie de savoir prendre le temps de t’allonger dans le jardin à l’ombre pour profiter du vent tiède et des sons venant de toute part ?
Toi qui arrive à me pousser – quasiment – tous les jours à sortir de chez moi, à me promener, à voir des paysages pour en profiter avec toi.
Toi, tu ne percevrais pas la beauté ?

Important : marcher dans la nature, regarder passer les nuages, parler à mes amis, prendre le temps de souffler, de respirer, de ne rien faire, de me sentir vivant… Si je ne fais pas ce qui est important, il ne m’arrivera rien. Rien dans l’immédiat. Mais, peu à peu, ma vie deviendra terne, ou triste, ou bizarrement vide de sens.

Christophe André – Méditer, jour après jour

Toi, tu ne percevrais pas le sens de la vie ? Tu serais juste de « l’instinct » ?

Merci ma chienne de prendre soin de moi, de veiller à me faire mon câlin du matin afin de me réveiller dans la bonne humeur (ou de savoir prendre sur moi quand ta patte glisse lourdement sur mon visage), de m’occuper lors de mes journées où je ne sais toujours pas ce que je dois faire (j’attends toujours la réponse du grand Architecte) et ne pas oublier de me faire un câlin tous les soirs lorsque l’on va se coucher.


Breaking news : Wan est devenue professeur de mathématiques contractuelle jusque fin mai ! – Il est possible que l’on remonte dans le Nord pour quelques jours à la fin de son contrat avec Anouk et les deux chats. – Je découvre de nouveaux effets secondaires via mes médicaments, pas glop. – La météo alterne entre grand soleil et forte pluie, on arrive quand même à se balader. Je dois d’ailleurs encore tondre la pelouse… – Mes semis de tomates et de courgettes ont relativement pris ! Peu de plants de courgette mais beaucoup de plants de tomates, si quelqu’un en veut 🙂

Livre d’occasion

Après de nombreuses années où ouvrir un livre demandait un effort surhumain de lâcher-prise, je me remets doucement à la lecture.

J’entretiens ma motivation en inscrivant dans mes objectifs de la semaine de finir un livre ainsi qu’en renouvelant mon stock de livre dès que je peux me le permettre, au cas où une lecture serait plus facile qu’une autre et me permettrait de m’y replonger par la suite. Également, Emmaüs et sa librairie me sont d’un grand secours pour tenter de retrouver le plaisir de vagabonder entre les étagères (c’est pas encore ça !) grâce à son choix bien plus limité que des librairies sur de nombreux étages, me permettant de ne plus me focaliser sur une seule section. De plus, le prix freine beaucoup moins les découvertes…

Cependant, malgré ce choix assez restreint (mais néanmoins important !), j’ai fini ces dernières semaines avec deux livres de Christophe André (découvert grâce à Mathieu Ricard). Le dernier livre lu et terminé évoquait l’estime de soi.

Le livre d’occasion permet – bien souvent – de passer après quelqu’un. J’ai pu donc bénéficier des surlignages que l’on peut réaliser afin de graver dans sa tête certains passages ainsi que des réponses non effacées aux quelques tests que le livre donne.

Je bénéficiais donc d’une double lecture : le contenu du livre mais aussi celui rajouté par la personne me précédant. Double immersion : le psychiatre me parlant des troubles de l’estime de soi, et un bon exemple de personne doutant d’elle même (et me faisant relativiser).

La lecture, bien qu’enrichissante, était plus compliquée que prévue. Le livre étant peut-être chargé des émotions et les attentes de la personne avant moi ainsi que des intentions de l’auteur ? (Qui, à l’époque – en 1998 – n’abordait pas encore la question de psychologie positive et se basait sur les travaux réalisés à l’époque. Force est de constater que la psychologie a bien changé en presque 20 ans !)

Je ne peux que remercier suite à cette lecture l’utilisation des tests proposant des nuances (chiffrées, certes, ce qui n’est pas forcément facile à appréhender) et non pas des réponses monochromatiques. Je souhaite sincèrement que la personne m’ayant précédée aurait eu des réponses plus nuancées qu’un «tout va mal» si on lui avait laissé le choix de mitiger sa réponse, ou, si ce n’est pas le cas, que ce livre lui ait permis de voir des échappatoires ou la volonté de consulter un professionnel ! (Ce que le-dit livre suggérait d’ailleurs, mais j’ai du mal avec la notion de livre appelant à faire appel à un professionnel, même si l’idée est tout à fait entendable).

De mon côté, les changements proposés par l’auteur sont toujours autant source d’appréhension, pas sûre que mon estime de moi se modifie en un claquement de doigts par je-ne-sais-quel-miracle, je suis bien sûr PER-SU-A-DÉE que mon problème est bien plus complexe que ça !

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén