Les Poilus Cantalous

Nouvelle vie d'une famille très… poilue

Catégorie : Nouveau départ (Page 1 sur 2)

État des lieux des poilus

Ma séparation de Dog a été – et est toujours – difficile à avaler. Pas la séparation en elle même, mais le fait de me rendre compte que je ne pouvais plus supporter de vivre avec un vieux chien et ses process déclinants, au point d’envisager l’euthanasie comme seul échappatoire pour ma propre souffrance. (Nous étions aussi dans un moment assez compliqué au niveau professionnel et personnel, ça n’a pas aidé à maintenir l’harmonie…)

Dog n’a pas été euthanasié, il a pu partir vivre là où il allait en pension lorsque je ne pouvais pas le prendre avec moi. Il retrouve goût à la vie, il s’est remis tout comme moi du point mort où était arrivé notre relation et je suis ravie de voir de temps en temps des photos de lui, de prendre de ses nouvelles… J’espère toujours trouver un moment dans mon agenda pour aller le voir, mais il faut pour cela programmer un long voyage.

J’ai envisagé l’idée de reprendre un deuxième chien mais je ne m’en sens pas capable. De toute façon ce n’est pas possible financièrement pour le moment.
Un jour. (Ou pas)

Avec l’état déclinant de Cookies, j’avais peur de me retrouver avec uniquement Baz comme chat (ça ne lui aurait pas déplu je pense mais moi si !). J’hésitais : un chaton ? Deux chatons ? Un chat adulte ? On avait craqué sur un chat diabétique en FA, mais il a trouvé une famille avant, tant mieux pour lui !
Retour sur les chatons, des amis en ont (des sauvetages bien sûr) mais je n’arrivais pas à me décider. Du coup, la Vie a décidé pour nous.

La semaine dernière, j’ai eu comme première surprise d’entendre des «miiiii ! miiiii !» derrière mon banc en rentrant de promenade. Une chatonne de 4-5 mois toute noire ! Un peu méfiante, mais ça va beaucoup mieux depuis.
Le lendemain, rebelote, dans la véranda, avec une petite chatonne de 2-3 mois tigrée et blanche !
Nous voici donc avec deux chatons, ce que nous voulions.

Sûrement une volonté de Cookies avant de partir !

À la prochaine Cookies !

Chère Cookies,

Je n’arrive pas à dormir ce soir, alors je t’écris cette première lettre. J’espère qu’elle arrivera bien là où tu es maintenant. J’espère avoir pris la bonne décision aujourd’hui en choisissant pour toi l’euthanasie. Bonne est un drôle de mot dans un cas pareil.

«Mais tu souffrais trop.»
Pour moi, ces mots ont une mauvaise résonance, mais je vais devoir faire avec.
Avec des «mais tu souffrais trop», on peut parfois prendre de mauvaises décisions, j’espère que ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Et espérer d’avoir mis fin à des souffrances en choisissant l’euthanasie me paraît tout autant étrange à bien y réfléchir. Presque un aveu de ne pouvoir supporter d’avantage, «qu’on en finisse».

Je ne sais pas.

Je vais arrêter d’explorer cette piste qui ne m’apportera que souffrance faute de savoir.

Je vais me contenter d’accepter ta mort, d’accepter d’avoir pris cette décision.

Et puis de t’aimer, encore et toujours.

Je ne regrette pas le jour où on est venu te chercher à la fourrière sans trop savoir à quoi on s’attendait. Ni même d’avoir réussi à négocier avec tes anciens gardiens de te garder car tu nécessitais des soins.
Des soins, tu en as eu pas mal quand même, j’espère qu’on ne t’a pas trop embêtée !

Plusieurs opérations pour tes dents, on a vérifié ce soir, il ne te restait plus qu’un croc, au revoir les quenottes ! On est persuadée de récupérer ce croc au milieu de tes cendres, vu comment il a tenu, il résistera bien à l’incinération !
Puis ta bronchite chronique pour laquelle tu acceptais que l’on te fasse des inhalations avec ce drôle de masque. Enfin, tu acceptais ça pour le yaourt que tu avais ensuite ! Du yaourt à la vanille. J’espère que maintenant tu peux en manger sans avoir de nausées.
Après, ton hyperthyroïdie… Au début de ton traitement, tu faisais de l’hypothermie, heureusement qu’il y avait le poêle ! On te réservait une place spécialement devant. J’espère qu’il y a des poêles là haut, avec de bons coussins qui t’attendent.
On a cru te perdre quelques mois plus tard, un vilain virus de passage et une fièvre qui ne voulait pas tomber. Et tu es rentrée à la maison avec de l’interféron. C’était juste un mauvais moment à passer.
Tu as été tranquille une grosse année ensuite, bon, il y avait ton hyperthyroïdie mais tu avais juste un cachet à prendre par jour.
En juin dernier, avec tous nos déplacements, tu as montré les signes d’un pincement intervertébral. On a pallié aux douleurs, tout roulait pour toi.
Enfin, c’est ce que l’on croyait : tu ne mangeais plus que très peu. Prise dans mes tourments, je ne l’ai vu que lorsque la véto t’a mise sur la balance. S’en suit de longues tentatives pour te faire manger, le poulet a eu du succès. J’espère que tu peux à nouveau te régaler maintenant.

Dégradation, échographie, lymphome ?

Un mois plus tard, nous sommes aujourd’hui. Le lymphome n’a pas été totalement diagnostiqué, mais les douleurs sont réelles.
Dit comme ça, on dirait que ta vie est un dossier médical. Quelle idée de prendre en charge un chat de 15 ans ! Enfin, tu seras arrivée à presque 20 du coup.

Il n’y a pas eu que des visites dans diverses cliniques avec nous, il y a aussi eu plusieurs déménagements.
Nord, Pas-de-Calais, retour dans le Nord, Cantal. Et puis cet été, des voyages : tu as pu voir les Pyrénées entre autres !
Tu avais pris le pli dans la voiture, plus de cage et même plus de harnais – de toute façon tu arrivais à le retirer – tranquille dans un coin à l’arrière ou devant sous les pieds de la passagère. Bon, tu miaulais encore au début ou quand ça tournait trop, mais c’était vraiment pour la forme.

Tu as vu pas mal de chats aussi, et tu n’étais pas avare quand il s’agissait de donner des baffes ! Mais ça s’arrêtait là. Tu as aussi vu les chiens s’intégrer dans la maison, petit à petit, mais tu étais là avant !
Et la semaine dernière, deux chatonnes sont arrivées, à un jour d’intervalle. Ce n’était pas voulu de notre part, elles sont arrivées d’elle même. Peut-être que c’était toi qui les avait fait venir ? Je ne voulais pas me retrouver avec un seul chat, et je n’arrivais pas à me décider à adopter.
Une Cookies, ça vaut bien au moins deux chatons, non ? Pas qu’un seul !

Ce soir, on a mangé à la pizzeria. Pas de bouteille de vin pour une fois, je ne supporte plus vraiment et j’avais déjà une migraine. Juste une glace en dessert : «cookie dough». Faute de Cookies’ paw.

Le prochain épisode, c’est ton incinération. On va aller faire un tour en Corrèze pour te voir une dernière fois et récupérer tes cendres.
Plus qu’à prendre le rendez-vous.

En tout cas, sache que l’on te fait plein de papouilles (et plein de bisous même si tu n’aimes pas trop, mais nous on aime !) et que l’on pense très fort à toi.

La maison semblait vide sans toi. Pas de Cookies pour venir me faire un câlin dans le lit. Peut-être pour ça que je n’arrive pas à m’endormir.

Je vais finir ma tisane et remonter me coucher. Peut-être qu’en pensant très fort à toi je te sentirais sur ma poitrine en train de ronronner ?

On t’aime Cookies, amuses toi bien avec Pistache, Post-It-, Chipette et tous les autres.

Cookies observe les Pyrénées

Texte écrit lundi soir, faute de box en fonctionnement, je ne peux le publier qu’aujourd’hui. Désolée de ne pas avoir pu donner de nouvelles après l’euthanasie, mais – en dehors d’avoir une réunion pour la chorale – je n’avais déjà plus d’accès Internet. J’arrive à passer par le téléphone de Wane en ce moment (quand elle est là).

Quand même, je suis un peu cinglée.

Discussion chez l’esthéticienne, on dérive sur l’acquisition de nouvelles langues (enfin, je dérive !) et je donne donc mes avis sur telle ou telle langue.

Vous êtes un peu cinglée, quand même.

L’esthéticienne, avec le sourire, après ma déclaration comme quoi le norvégien ne m’a pas l’air si compliqué au stade de mon apprentissage.

Bien que Erwane me considère comme passionnée, je n’ai plus l’impression de me lancer à fond dans un sujet depuis bien longtemps.
Mon parcours et ma santé ont fait que j’ai abandonné – obligée ou non – pas mal de choses. Soit je ne pouvais pas poursuivre dans cette voie, soit je perdais toute motivation face à la complexité (allant de pair avec l’esprit concurrentiel du système éducatif).

La dernière passion dont je me souvient, c’est  Harry Potter et son univers. Des personnes ont bien essayé de m’y dégoûter mais je m’y suis accrochée. J’engloutissais les lectures autour de l’univers, je passais un temps faramineux sur les sites dédiés (et c’était bien là le premier moment où je développais mes compétences sociales).
Même après le début de la dépression, j’ai continué. Cependant, ça n’avait plus vraiment la même saveur.

Il y a un an, j’ai recommencé à lire. Progressivement. Ma bibliothèque, qui se vidait au fur et à mesure des tris et des déménagements, revoit ses rayons se remplir. Petit à petit, je reprends goût à la lecture. Les romans ne sont peut-être plus ce que je préfère (je suis d’ailleurs pleine d’appréhension sur cette branche de la littérature, mais je recommence à en lire !), alors je m’ouvre aux livres sur le bien être et la psychologie positive. Grâce à Emmaüs, je lis les œuvres de Christophe André (et de bien d’autres !), grâce à une amie, Matthieu Ricard (alors que j’avais offert auparavant un de ses livres à mon père !). Suite à des conférences, c’est au bien être animal que ma bibliothèque tend les bras (même si l’éducation canine en positif avant bien amorcé les choses).
À côté de ça, j’essaie de m’exercer quotidiennement au yoga et à la méditation, les livres me donnent les exercices à suivre. Ce n’est pas aussi régulier que je le voudrais, mais toujours mieux que rien !

Je lis, les livres s’accumulent (il faudra peut-être que je range ?), je retrouve des passions. Une première en 10 ans.
Je m’ouvre un peu plus au monde, tout du moins, j’essaie, et pour la première fois de ma vie, j’ai enfin l’impression de pouvoir discuter de choses intéressantes et d’apporter du contenu aux conversations.

Enfin, pour moi.

Parce qu’a priori, je finis par passer pour une cinglée quand je me lance un peu trop fort.
Tant pis ! Je n’abandonnerai pas pour autant, j’ai même pu maîtriser une conversation avec des Témoins de Jéhovah, ce n’est pas vain !

Bref, trois ans et demi après mon départ de la fac, deux ans et demi après avoir quitté mon dernier emploi, j’ai enfin l’impression que je suis prête à apprendre et à devenir meilleure.

Nouvelles en vrac (n’oubliez pas vos sacs réutilisables)

Le quotidien se voit marqué par la naissance de bébés mâches :

Bébés mâches !

Et dans une coquille d’œuf, la mâche fût.

N’ayant pas confiance dans le fait de semer directement en terre (le passage de poilus – les premiers pour déposer leurs besoins et les seconds pour récolter les besoins en question, bon appétit – n’aidant pas à la bonne prise en terre de graines, sans compter que mes compétences dans la reconnaissance de jeune pousse sont proches du néant), j’ai utilisé des coquilles d’œufs comme godets. La terre ici n’est pas très calcaire, replanter directement les coquilles (avec le début de mâche) ne devrait donc pas poser de problèmes.
La boîte à œufs est donc de ce fait un excellent contenant de conteneurs.

Butte

Mini bout de potager à l’image des buttes auto-fertiles

Le pot de persil esseulé à la Biocoop (et vendu au rabais) a bien repris dans la plus réussie des buttes auto-fertiles (les deux premières ont fait office de banc d’essai puis ont subi l’assaut des poilus, mention spéciale pour les compétences de Nouk en désherbage à grande échelle ; les deux suivantes ont été faites à la va-vite lorsque j’ai reçu mes jeunes plants sans avoir prévu ni la force de faire quelque chose de plus sympa), les poireaux grossissent, les salades grandissent.

Autres nouvelles du potager : un plant d’ail des ours tente de s’adapter sous l’arbre, du poireau perpétuel va essayer de s’étoffer, et la châtaigne de terre va tenter de repartir après avoir été sortie de sa butte par un vilain poilu (qui ronronne de méchanceté actuellement).
Des fraisiers vont également tenter de se faire une place au milieu d’autres fraisiers sauvagement tondus par le propriétaire.

 

Dog devient un vieux chien sénile. Surtout le matin. Quand la gamelle et la balade tarde. Tss. Et comme je suis une vilaine humaine, pour me faire pardonner, il a droit au stage massage en novembre. (Nounouk avait déjà un stage de mantrailing de programmer le weekend prochain, Dog se sentait sûrement mis au rebut !)
Cookies revit depuis la véto ostéopathe, on apprécie « grandement » l’entendre cavaler et déraper à l’étage (point bonus si quelque chose tombe) avant de miauler de toutes ses forces.
Les vieux.

 

Toutou mobile

A l’arrière de la voiture, les chiens ronflent.

On part de ci, de là. Mais les chiens peuvent toujours faire la sieste !

DU PAIN !

Mon pain fait par mwa, pour mwa.

Je me mets à faire mon propre pain.
(Et un jour, j’espère, le four à pain !)

 

 

Pourquoi me parler de culture quand on ne sait pas planter une salade ?

Paris.
Ville de culture à l’image de ses plantations sur balcon : hors-sol.

La famille s’agrandit ! Une nouvelle humaine, 24 ans.
Deux chats, deux chiens, deux humains. On commence notre Arche !
Peut-être l’adoption la plus difficile, il aura fallu braver Paris durant un peu plus de 36h (ainsi que l’aller/retour Cantal-Paris).

 

Plusieurs heures de route dans Paris, autant profiter de ma venue dans la capitale pour aller rendre visite à mon frère. Après avoir récupéré la petite camionnette utile au déménagement, direction : l’autre côté de la ville (on aime les choses simples) !

A priori, le chemin le plus court selon mon GPS était de traverser la ville de l’intérieur et non de tout simplement prendre le périphérique (simplement est un grand mot quand on parle d’un périphérique, d’autant plus parisien).

Deux heures de découverte de la circulation locale et de la vie intra-muros. Beaucoup de questions, peu ou prou de réponses. Puis, une nouvelle heure avant de rejoindre le studio qui se prépare lentement à la rupture. Travail de self-control, les chiens, patients à l’arrière, ont été particulièrement remarquables malgré la chaleur et la lourdeur accablant le milieu.

36 heures dans le bruit, dans les odeurs, dans la chaleur lourde, dans la foule, dans le chaos… 36 heures me préparant à savourer mon retour dans le Cantal.

Samedi midi. Camionnette et voiture chargées, chiens installés, GPS en place, on part !

Départ à l’image de la cité : chaotique. Les travaux rendent l’orientation bien difficile tandis que la circulation chargée n’aide pas à se préparer aux heures de trajet qui nous attendent.

L’arrivée sur l’autoroute permet une conduite plus reposante, mais quelque peu soporifique : l’auto-radio peine à me maintenir éveillée. Les chiens nous obligent à profiter des arrêts pour se promener sur l’herbe, une aire d’autoroute nous a même permis de faire un tour autour de l’étang, la brise se chargeant de nous rafraîchir. Anouk gambade et trempe ses pattes dans les petits cours d’eau, Dog renifle à droite à gauche, profitant des restes des précédents voyageurs.

Fin du réseau autoroutier en Corrèze, aucune autoroute ne passe dans le Cantal, ça ne me manque pas vraiment. Au loin, les montagnes apparaissent, les arbres se font plus présent. On traverse la Dordogne pour se retrouver face à LA montée.

Ne pas passer par Clermont-Ferrand me fait rester bien plus longtemps dans le « plat pays », mais cette contrainte en vaut la chandelle : une montée sur une vingtaine de km pour arriver sur les plateaux du Cantal (la maison « culmine » à 630m d’altitude).
Je me baisse sur le volant, les pieds sur les pédales, la main prête à changer les vitesses, les bras en tension, le regard vif et le sourire aux lèvres.

« Yahouuuuuu ! »

Cri puéril mais pleinement justifié après 48 heures sans ces montagnes que je me suis appropriées.
Accélération, hausse du taux d’adrénaline, c’est parti pour une vingtaine de minutes de pur plaisir !

Merci Paris.

Merci de me faire comprendre à quel point je suis bien chez « les bouseux » !

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