Les Poilus Cantalous

Nouvelle vie d'une famille très… poilue

Auteur : Phnix Page 1 of 15

C’est quoi « être responsable de ses poilus » ?

J’ai toujours eu l’impression de « faire ce qu’il fallait faire » avec les poilus, ceux de passage ou les résidents de longue durée. J’avais un seuil de mortalité vraiment très faible et, dans la plupart des cas, c’était parce que l’animal était déjà arrivé dans un état catastrophique et/ou que la médecine vétérinaire a des limites. Je n’ai jamais eu d’épidémie chez moi, et j’espère qu’il en sera ainsi pour toujours.

Mes animaux sont pour la plupart non vaccinés. À un moment parce que je n’avais que des vieux avec pathologie chronique, ce qui rendait le vaccin totalement déconseillé. Kouign-Amann qui était arrivée chez nous à 10 jours avait été vaccinée, ce qui a donné lieu à un syndrome éosinophilique félin (et une intervention vers trois mois pour retirer et analyser la boule qu’elle avait sur la tête’ super).

Certains me trouvent inconsciente, alors, comme je culpabilise un peu, j’avais commencé la primo-vaccination sur Hobbes pour la leucose (vu que je recommençais à prendre des chats en accueil. Étant donné qu’il souffrait d’un calicivirus (PCR faite), je préférais éviter le duo de vaccination coryza/typhus. Au final, il a disparu quelques jours après.

Petit aparté sur le fait qu’à ce moment là, je me demandais presque si je ne devais plus rien faire du tout sur mes poilus (Jiji a disparu juste après une séance d’ostéo). Sur la même période, j’avais fait castrer un chat du quartier et pour suivre les conseils du vétérinaire, j’avais fait le snap test FIV/FeLV. Il était positif au FIV et ils voulaient l’euthanasier tant qu’il était encore anesthésié. Le chat n’avait déclaré aucun symptôme et allait être castré, éliminant à 99% le risque de transmission sachant qu’il habitait le quartier depuis un bon nombre d’année (donc à moins d’attraper, tester et euthanasier si positif tous les chats du secteur…). Donc entre toutes ces disparitions et le chat qui a failli être euthanasié parce que je m’en suis occupée, j’avais bien envie de ne plus intervenir en quoi que ce soit. Sauf que je me suis rappelée des vétos qui m’employaient un moment, ces vétos qui disaient que ça ne servait à rien de stéréliser une chienne cae elle pouvait se faire écraser un jour. Ces vétos qui ne veulent plus du tout d’animaux chez eux. Ces vétos brisés et qui me révoltaient. Hors de question de devenir comme eux !

Retour sur les vaccins : ne vaccinant plus (pas pour des raisons de budget), Anouk n’était plus vaccinée depuis sa primo en Serbie. Bon, cette année, ça allait faire 4 ans et je me demandais quelle démarche prendre. Heureusement, pour les chiens, il existe le VacciCheck qui vérifie l’immunité (pas besoin de vacciner un chien qui est toujours immunisé). Très peu de clinique le font mais une à Clermont oui, j’ai donc profité d’un passage à Clermont pour me rendre dans cette clinique. En mars, la véto a réussi à me convaincre de refaire un vaccin parce que ça allait faire 4 ans sans vaccin, je l’ai fait mais je l’ai un peu regretté parce que du coup, on a zappé le test. Pour la véto, il fallait refaire les deux vaccinations de primo, pas pour moi. Je suis donc revenue 4 mois plus tard pour faire le VacciCheck, qui a révélé une immunité parfaite. Je regrette donc de ne pas avoir testé l’immunité en mars (si elle n’était plus immunisée, il n’y a donc pas besoin de reprendre toute la primo, et si elle était immunisée, ça voudrait dire que les vaccins étaient bons au moins 4 ans et que j’aurais pu lui éviter la fatigue du vaccin).

La vétérinaire m’a avertie que c’était à mes risques et périls mais :
– je ne suis pas convaincue par l’efficacité des vaccins (encore plus vétérinaire) ;
– nous ne sommes pas vraiment dans un endroit à risque, je ne suis pas en pleine ville, je ne croise pas de chiens malades…

Sur l’histoire de Dog, je n’étais pas responsable, et je me le reproche même si finalement, l’aide que l’on a reçue d’une super tata chien lui a permis de partir paisiblement presque un an plus tard. Pour moi, c’était bien un abandon (et on avait programmé l’euthanasie parce qu’on ne pouvait plus gérer financièrement et psychologiquement) et les mois à venir allaient être impossible pour lui. De ce fait, j’ai du remord contre les campagnes contre l’abandon, même si le nombre d’abandon me fait mal. Sauf que parfois, on ne peut plus et il n’y a pas de structure ou d’aide à la prise en charge, que l’on ne peut pas prévoir toutes les catastrophes qui nous tombent dessus.

J’ai eu des reproches sur la disparition de mes trois jeunes. Je n’aurais pas du les laisser sortir et tout le blabla.
Oui, je suis triste de ne plus les avoir, j’ai envie de pleurer, hurler ou que-sais-je, parce que le deuil, c’est dur. Mais je ne me suis jamais vraiment posée la question du conducteur qui a percuté McGonagall, et je m’en fous, ça ne me la rendra en rien du tout. Je n’ai pas envie de cultiver la haine sur mon amour.

Je vais donc profiter d’être en appartement pour tester de nouvelles choses avec mes deux nouveaux chats. On va sécuriser les fenêtres et le balcon, « catifier » l’environnement et tester les balades en harnais. Et on verra bien.

Je pense que tout le monde fait de son mieux, qu’il y a du bon dans tout être vivant mais que l’on se traine son passé, des schémas comportementaux, des restrictions de toutes sortes au quotidien, des peurs, des doutes, des a priori… Bien sûr que l’on ne fera pas comme cet autre, c’est ce qui fait la diversité. Parfois, c’est très dur de supporter les autres, mais quand on refuse de les prendre en considération, on perd beaucoup plus que l’on ne gagne.
Bref, être à l’écoute, sans forcément comprendre le pourquoi, sans imposer sa propre vision (on peut néanmoins encourager ce qui nous fait sens mais accepter que ça ne se développe pas plus), sans culpabiliser l’autre (avec tout le monde qui cherche à me culpabiliser ces derniers temps, je coupe tout contact et ce n’est pas souhaitable), accepter ce que fait l’autre et faire en sorte de sécuriser le plus possible à sa façon.

Et je ne sais toujours pas vraiment ce que « responsable » implique de manière absolue.

Still alive !

Un peu de gâteau ?

Cher tout le monde,

Comme le titre l’indique, je suis toujours en vie. Pas mal de choses se sont passées depuis le dernier article, des trucs sympas et des trucs pas vraiment cool.

Du côté de Victoire, son changement de prénom a été accepté par l’état civil ! Ouf, une bonne chose de fait. Son année de professeur stagiaire en région parisienne est désormais derrière nous et la voici mutée pour un poste dans le Cantal à la rentrée.
Nous n’allons donc pas rester à Aurillac mais allons plutôt retourner en campagne au pied des montagnes. Direction le parc régional des volcans d’Auvergne ! (Et ça claque plus qu’Aurillac)
Déménagement fin juillet.

Du côté des chats… C’est la catastrophe. Hobbes, le dernier chat qu’il me restait, a disparu depuis quelques semaines. Tout comme Jiji, aucune nouvelle. J’ai déposé quelques annonces mais je n’ai aucun espoir… Vraiment hâte de quitter ce quartier, pour moi, le voisinage n’est pas étranger à ces disparitions de chats (stérilisés et identifiés !).

J’avais accueilli deux chattes dont une qui a mise bas de chatons qui ont maintenant 11 semaines et qui tète toujours :

Ils sont actuellement dans la période où ça joue beaucoup et où on a juste envie de les étriper la nuit (on a du cacher la balle à grelots à minuit). Là, Victoire peine à finir sa nuit vu le vacarme qu’ils font ! On hésite à les mettre en carton dès maintenant pour le déménagement :p

Fedora et Mint sont adoptés près de Bordeaux, la mère – Angel – a une visite ce dimanche et Gentoo reste avec nous. À voir si Debian – le dernier des chatons – trouve une famille ou reste avec nous !

Nous allons passer à une vie en appartement, ça va être l’occasion pour moi de travailler l’enrichissement de l’environnement et de travailler les sorties en laisse (Gentoo a déjà son harnais mais il est encore trop grand !)
À voir donc ce que ça donne. Les chatons n’ont pas pris l’habitude de sortir, ce sera donc plus facile.

De mon côté, niveau santé… Ça pourrait aller mieux !
J’ai été opérée il y a deux jours pour retirer ma vésicule biliaire, j’espère avoir une récupération rapide car là, je fais petite vieille !
J’ai également vu une rhumatologue qui m’a trouvée une cervicalgie chronique. En faisant un bilan chez l’orthoptiste, on m’a trouvé des yeux divergents : j’ai donc droit à des séances de torture pour faire travailler mes muscles optiques. Joie.
Puis je dois aller voir un dentiste pour des troubles de l’occlusion. Sans compter les séances de kiné à reprendre.

Bref, en ce moment, quand vient l’idée aux gens de me demander mon boulot, je peux clairement montrer mon agenda et demander si il trouve une place dedans pour caser des horaires de boulot.

D’ailleurs, j’ai à nouveau eu une énorme migraine un matin en me réveillant, cette migraine qui me fait vomir quand je me lève ou que j’avale quelque chose, celle qui ne passe pas sans perfusion (que l’on m’a refusé aux Urgences…).
Quand on est seule avec des animaux à charge, c’est très angoissant. J’angoisse que ça revienne un autre jour… Enfin, Victoire est là maintenant.

Voilà pour les nouvelles, j’ai du mal à écrire en ce moment. J’ai même abandonné ma participation au concours de nouvelles annuel d’Aurillac. J’ai eu plein d’idées mais des idées sans véritables phrases articulées.

Où le pouvoir réside dans le choix de ne pas consommer

Pour changer, je me pose toujours plein de questions. Peut-être trop mais je ne crois pas. Le soucis, c’est que ça me met vraiment en rage contre « les gens ». Eux, vous, toi, moi.

En essayant de tromper mes angoisses sur Internet de peur de ne pas être assez épuisée et de ressasser dans mon lit, je suis tombée sur une illustration de personnes se battant pour « construire un monde meilleur pour nos enfants » puis, une case plus loin, se dire que finalement, « c’est bien trop facile ». Selon eux, j’imagine parce que le pouvoir d’accès aux biens s’est beaucoup faciliter depuis leur propre enfance, qu’ils n’avaient pas tout ça… mais nous, est-ce qu’on ne nous a pas un peu forcé à avoir tout ça ?

Facile de dire ça, « ils n’ont pas eu le choix », etc. Alors pourquoi nous reprocher ce qu’ils n’ont pas refusé ?
Il y a le combat « c’était mieux avant » vs. « le monde est bien plus facile pour vous (petits ingrats) » où mon point de vue semble posé, il y a toute la critique du monde actuel qui peut se résumer en « O—O MARCHE ARRIÈRE TOUTE », il y a aussi que j’en ai marre du monde et que j’entame mon combat d’abandonner tous mes rêves (qui sont quelque peu dictés par des clichés), un peu de résilience et beaucoup de repli sur moi, et que je vais aller construire mon monde toute seule dans mon coin.

Bon, il y avait aussi tout un passage entre la passation de pouvoir entre la consommation et le choix de ne plus consommer. Le fait que voyager physiquement n’est plus de la partie (et si c’est pour voir les mêmes pollutions ailleurs…) et que je vais donc me contenter des fictions vu l’état de la planète (et de mon corps). Puis beaucoup de critiques et de ras-le-bol sur les choix de la société (puis sur moi qui capitule).

J’avais sûrement plein de trucs à dire mais ça s’est perdu.

Que faire pour la protection animale ?

Peut-être toute vie a-t-elle son propre sens, et faut-il toute une vie pour découvrir ce sens.

Une Vie bouleversée, etty hillesum

Toujours dans le but de trouver un sens à ma vie, je lis actuellement le livre « Trouver son Ikigaï : vivre de ce qui nous passionne » de Christie Vanbremeersch.
Il est demandé à un moment de faire la liste de 50 choses qui nous mettent en colère (bizarrement, c’est plus facile que de trouver 5 traits de caractères que nous aimons chez nous) et l’état de la protection animale en fait partie, ce monde de coup bas, de catastrophes parfois pire que chez les particuliers, la misère sociale qui parfois l’entoure, etc.
Être en colère, c’est une chose, mais paraît-il que la meilleure façon de se mettre en colère, c’est de changer les choses, de se mettre en action, d’utiliser cette énergie à des fins productives (là, mon mental se dit que ce n’est pas vraiment la productivité que je recherche, certes).

La question est : que puis-je faire ?

Dans un premier temps, je me suis dit que peut-être, dans d’autres milieux, ça fonctionne autrement. Mes expériences associatives n’ont pas vraiment acquiescé : tout semble source de conflit.
Par contre, ce qui m’a sauté aux yeux dans un deuxième temps, c’est que la population gravitant autour des animaux manque cruellement de formation pour lâcher-prise et prendre soin de soi-même, que ce soit au niveau des professionnels (que dire du nombre de vétérinaire qui mettent fin à leurs jours ? Sans compter tout ceux qui ont perdu foi en leur profession…) que des particuliers, pas grand monde ne choisit d’investir du temps et de l’argent dans la formation, aussi bien pour prendre du recul et prendre soin de sa propre existence que pour prendre soin des animaux que l’on peut prendre en charge.

Dernièrement, je demandais des conseils pour gérer au mieux l'arrivée de deux mamans chats, j'ai essayé de nommer mes craintes et d'expliquer ce que je n'étais pas en mesure de faire. Finalement, j'ai passé la soirée à pleurer après les remarques blessantes que l'on a pu m'adresser. Par contre, je n'ai pas eu le moindre conseil utile, je fais donc "comme je peux".

Il s’agît de ma propre vision, alors, j’ai besoin de vous : pour me raconter vos péripéties dans le monde de la protection animale, pour me dire ce qu’il manque à vos yeux, pour m’expliquer ce qui vous chagrine ou ce qui au contraire vous met en joie, pour me faire part de vos souhaits, de vos rêves, de vos espoirs…
Une des réponses sera bien sûr l’argument financier : on manque cruellement de moyens, ou, tout du moins, tout semble très mal distribué (et que dire des guerres de pouvoir ?). Mais tout ça, ce sont des énergies, on doit bien pouvoir en trouver des bienveillantes de ces énergies ?

N’hésitez pas à me contacter par le moyen qui vous arrange : par le blog, par mail (pphnix@gmail.com), sur les réseaux sociaux, par téléphone ou autour d’un café (je me déplace !).
La protection animale est une cause qui me tient à cœur mais je peine à trouver les moyens qui seront les plus utiles.

La justice des « justes »

Je ne sais jamais où me placer face aux actualités, je suis souvent d’accord et souvent en désaccord, et puis parfois, je suis aussi en désaccord avec mon accord.

Cela touche toute ma vie.
Pour exemple, dans le domaine de la linguistique et de l’informatique, il y a le faux-amis « digital » en français qui fait grincer pas mal de dents. L’utilisation des « technologies digitales » au lieu des « technologies numériques » s’explique par le terme anglais digit qui donne nombre en français.
Chose dont énormément de personnes se foutent, alors ça créée des débats de classe entre les « bons » qui utilisent numérique et le « péon moyen » qui va se contenter du faux-ami.

Et même sur ça, je n’arrive pas à m’entendre avec moi même : je trouve l’utilisation abusive des digitaux en tout sens à jeter à la poubelle (et même Digimon n’a pas osé faire de traduction en parlant de « digital monster » et donc en restant… en anglais) mais en même temps, je trouve ça nul de penser ainsi, que c’est faire du classicisme et que ben… l’usage fait force.
En bref, ça m’énerve mais je garde ça en moi et j’essaie de retrouver le calme intérieur en digérant (je ne vous raconte pas les soucis de digestion que j’ai en ce moment).

Je parle de ça suite aux débats autour de la restauration de Notre-Dame-de-Paris. Perso, j’en ai rien à faire et je trouve ça débile, mais selon une émission de radio (de mémoire) c’est parce que je suis dépressive et que donc rien ne m’émeut (mais je fais l’autruche sur pas mal de choses). Je regarde donc tout ce petit monde râler sur les donations obligatoires, et les crédits d’impôts, et la culture française, et la politique pour les SDF, aussi pour les migrants, et même la politique en général (et on attend toujours le discours de Macron si j’ai bien compris).

Et aussi parce que je lisais un livre qui m’a donné plein de citations inspirantes (un jour, je vous parlerai de l’histoire des citations inspirantes allant de la Grèce antique aux Paroles de Filles en passant par les Démotivateurs, peut-être) :

Ceux qui cherchent à tirer la couverture sur eux et à profiter de l’inégalité aggravent la laideur du monde, mais la laideur dans les relations entre les hommes vient principalement de la justice des justes. Pourquoi ? Parce que le mal le plus étendu, c’est la logique de ce petit moi qui juge, pèse et calcule, compare et revendique, et il est d’autant plus pernicieux qu’il se satisfait d’avoir la justice de son côté.

La Soif de l’essentiel – réza Moghaddassi

Page 1 of 15

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén