Souvent, j’essaie de justifier la présence d’Anouk comme chien d’assistance émotionnelle. Ce qui est vrai, je suis capable de sortir plus facilement si elle est avec moi.

Sauf qu’il n’existe pas de reconnaissance en France.

Sauf que ceux qui ont de « vrai chien d’assistance » ne sont pas contents, parce que – selon eux – cela donne une mauvaise image du chien d’utilité car « chien mal dressé ».

Sans gratter en profondeur, je suis d’accord avec eux, mais dès que j’y repense, c’est non, non et non.

Qu’est-ce-qu’un chien bien éduqué ? Un chien habitué à toutes les situations qu’il peut être amené à rencontrer ? Dans ces cas là, si on leur interdit de s’apprivoiser aux situations, comment leur demander d’y être et de tout accepter en restant « à leur place » (mais c’est quoi leur place ?) et sans rien dire ?

Comme on dit, il faut tout un village pour éduquer un enfant (même si ce n’est plus vraiment d’actualité), et c’est la même chose pour tout animal qui doit apprendre des codes sociaux et gérer des environnements.

Oui, c’est rageant, vous êtes en terrasse, et un chien aboie, ça vous pourrit votre groove. Je connais, d’anciens voisins avaient des voisins qui avaient des chiens qui aboyaient tout le temps, et de manière très forte et ça me rendait malade. J’en voulais aux chiens, j’en voulais aux maîtres, mais de ne pas faire ce qu,il faut et de laisser perdurer des situations malsaines.

Même si cela touche moins notre éthique que le permis de parentalité, on peut avancer l’idée le permis de chiennalité. Mais de là, sur quoi baser le modèle théorique ? On tape sur l’éducation positive et amicale tout comme sur l’éducation traditionnelle, dans chaque courant, des gens se détachent et décident de faire autrement, quittant le cadre théorique d’où ils venaient. Bref, tout le monde se tape dessus, et je n’aimerais que l’on m’impose un cadre théorique même si j’ai déjà le pied dedans.

Mais alors, plutôt que d’éduquer le chien, pourquoi ne pas apprendre aux humains de lâcher prise ? Au mieux, le chien se détend et gère beaucoup mieux, au pire ça ne change rien, on souffle, on dit au revoir aux copains et on va là où tout le monde est content, peut être dans le canapé pour une séance de câlin devant un film ou une bagarre qui dénoue les tensions.

Bref, tout ça pour dire que je n’aime pas l’idée de chien d’utilité, le « chien robot» qui souvent apprend par immersion ou par dépression acquise, peut-être que c’est une bonne chose mais je me demande : est-ce que vous aimeriez ne plus être stressé car trop de stress tue le stress (et vous tue un peu en même temps) ?
Non, promis, ce n’est pas du jugement, juste un tl;dr des dernières années de recherche en science cognitivo-comportementale (bon, c’est tellement vieux que ça se trouve dans les premières notions).

Donc, dans mon monde parfait, la tour de Babel n’a jamais existé, et tous les êtres vivants parlent le même langage, tout le monde se comprend et personne n’use de violence pour se faire comprendre. Je crois aussi qu’on est en paix avec soi même et les autres car on se comprend et on ne se focus pas sur notre unicité-qui-doit-être-norme.

J’ai aussi pas mal de progrès à faire.