Envie de citer mon médecin pour le titre de cet article, envie de commencer sur des aberrations.
Le même médecin qui m’annonce – comme ça – que mes douleurs sont listées dans les effets secondaires de mes neuroleptiques, après m’avoir demandé si je prenais bien mon traitement, et avant de me dire que, du coup, ça ne valait pas la peine de faire des examens approfondis.

Moi ? En colère ?
J’aurais du prendre une photo de l’infirmière du CMP qui me rend visite quand je lui ai raconté ma dernière consultation, ça aurait très bien illustré.

Handicapophobie. Psychophobie.
Personne n’en parle et pourtant c’est bien présent.

« Ça ne se voit pas sur ton visage » mais pourtant, on s’en rend bien compte quand on me demande dans les présentations le métier que j’exerce. Je n’ose pas souvent dire que je souffre de troubles psy, je me contente d’évoquer l’hypothèse de la fibromyalgie.
Je ne sais pas comment me sortir de tout ça. J’essaie de donner un sens à mon quotidien en faisant du bénévolat mais… Je m’étais bien rendu compte que la protection animale, ça se justifiait moyen auprès du commun. Alors je me suis intéressée à l’humain : cours de français langue étrangère et soutien scolaire.
« Vous êtes payée ? »
Rire moqueur à la réponse, négative.

C’est lassant.
J’en ai parfois marre de la vieille génération (bon, j’en aurais sûrement marre de la nouvelle également si je la côtoyais plus souvent j’imagine).
J’ai juste envie que l’on me laisse tranquille : une dépression à 15 ans suivie d’une déclaration de schizotypie, puis la sorte de fibromyalgie à 25, ça me suffit. Sans compter les expériences traumatisantes dans le monde du travail.
Pas besoin d’en rajouter.

« Mais oui mais ça ne se voit pas ! »

Alors… Chut ?


Je suis toujours pleine de colère, quand ce n’est pas le stress, c’est la colère. J’aimerais juste être zen ou simplement reposée.
Ma vie semble une flagellation quotidienne « ta maison est sale », « pourquoi t’as pas lu aujourd’hui », « t’es nulle », « faudrait peut-être que tu trouves un boulot », « comment tu ferais sans tes parents pour payer tes factures », « tu t’occupes mal des poilus », « t’as pas fait grand chose aujourd’hui », « tu dis que tu veux écrire mais tu n’as rien d’intéressant à dire », « arrête d’utiliser le je », …


Il paraît qu’il suffit de traverser la rue ! …