Les Poilus Cantalous

Nouvelle vie d'une famille très… poilue

Mois : septembre 2017 (Page 1 sur 2)

« On n’arrive pas dans le Cantal par hasard »

Disais-je à un auteur venu à un salon du livre de l’imaginaire à Aurillac.
En face, un soupçon d’amertume, et de fatigue sûrement.

En rentrant, je me suis posée la question « suis-je arrivée ici par hasard ? ». Après tout, je ne connaissais que très peu – voir pas du tout – le Cantal avant de venir y chercher un logement. Pourtant, c’était là que je voulais être. Je ne sais pas si on y restera, mais cela ne dépend pas de nous, pas totalement.

Décider en deux jours d’emménager dans une région inconnue, est-ce du hasard ou est-ce le choix du hasard ? Y-a-t-il vraiment du hasard ? Ou le hasard fait-il bien les choses ?

« Ah, je crois qu’elle est bien gestante… »

Quand tu t’ennuies dans la vie, rien ne vaut des chatons.
Des chatons, c’est mignon. Aussi bien quand ça dort que quand ça bouge. Et puis, si tu sens que tu manques un peu de responsabilités, tu peux toujours négocier le passage d’un virus à la maison.

Bref, premier lundi d’une (courte) série (j’espère), McGonagall a une conjonctivite et un début de coryza ! Chaton sous le bras (OK, dans son panier), nous allons à la clinique. Pommade ophtalmique et gouttes homéopathiques. « Ah, et puis vous pouvez les utiliser sur les autres chats de la maison, ça évitera la contagion ! »
Je pense à Jiji. J’espère que son système immunitaire lui suffira, hein…

Le lendemain, pas de coryza pour Jiji, mais une démarche de chatte gestante et des mamelles bien dépilées. Appel au vétérinaire qui m’explique comment se passe la mise-bas.
Ok. Mais moi, je ne veux pas de mise bas.
Chaton sous le bras (d’accord, toujours dans son panier) et chien en laisse (depuis le temps que je faisais traîner sa consultation ostéo), direction la clinique. Pendant que la vétérinaire manipule Anouk à mes côtés, Jiji passe une échographie dans une salle voisine.
On finit la consultation, et la vétérinaire m’annonce le résultat de l’échographie.

« 3 ou 4… »

Jeudi matin, chaton sous le bras (OUI. LE PANIER.) que je dépose à la clinique pour une stérilisation et un avortement, non sans avoir le cœur un peu serré.
Finalement, les cornes utérines étaient vides (y a pas bébés), on aurait pu ne pas se presser pour l’opération et attendre que le virus soit parti.

Lundi suivant (dernier de la série, j’espère), chato… hum. Bref. Antibio, anti-fièvre, pommade ophtalmique et inhalation. Pour un chaton craintif. Non, les défenses immunitaires, avec la chirurgie, elles ont fait la gu**le.

Et donc, depuis lundi, j’essaye de ne pas trop me faire détester par Jiji.
Ça va, elle ronronne encore quand je la caresse (comment ça le ronronnement peut être émis pour se rassurer ? Je ne vois pas de quoi vous parlez !).

Jiji profite quand même du redoux.

Et joue à nouveau dans l’herbe avec McGonagall

McGonagall, crapule forever, pour rappel

Bla bla… réunion… bla bla… suivi

En rando, le téléphone sonne, un numéro local.
Attendant un appel de la clinique vétérinaire pour la crémation de Cookies, je décroche.
Loupé, c’est ma conseillère Cap Emploi qui me vend une réunion deux jours plus tard «oui oui, 6/8 personnes max, vous pouvez partir n’importe quand». L’intitulé de la réunion passe en un éclair : «retrouver un emploi rapidement». Soit, ce n’est pas pas ma priorité absolu en ce moment mais bon.

« C’est un piège ! »

J’arrive à cette fameuse réunion deux jours plus tard. J’ai galéré à garer ma voiture (dans un parking payant en plus !), puis je suis en retard, puis je… oh. Déjà une petite dizaine de personnes dans une salle minuscule.
Je dois presque me battre contre un sac à main pour avoir une place assise.
La formatrice reprend, j’apprends à ce moment que ce n’est pas une simple réunion mais un piège pour m’attirer dans un suivi bizarre me promettant l’objectif d’être dans le milieu professionnel fin octobre maximum… (Oh, fin octobre, c’est les vacances scolaires, ça va pas ?)
Milieu professionnel, pour la formatrice, c’est au mieux un CDD, au pire un stage (bon, le pire c’est de n’avoir rien, ok).

Je le sens déjà mal.

La porte s’ouvre, une nouvelle personne arrive, on doit se décaler pour lui laisser une chaise. MA chaise. Me voilà bloquée entre deux personnes – qui se révéleront diabolique – sans possibilité de me glisser vers la sortie.
Donc nous voilà 12 dans une salle minuscule et non aérée à regarder le diaporama du suivi bizarre qui ne m’intéresse pas. Qu’est ce qui pourrait être pire ?

Ah oui, je sais, que les deux personnes autour de moi monopolisent la parole avec des questions et des vécus gluants de pessimisme.

Les deux pieds au sol (du moins, j’essaye de me frayer un chemin vers le sol, on est un peu serrées), les mains l’une contre l’autre, sur mon ventre, je me concentre sur ma respiration ventrale et sur le plafond.

«Juste une heure.»

«De toute façon, c’est que des handicaps psys ici, tu peux te sentir bizarre sans crainte.»

«Vu que de base tout le monde était prévu comme handicapé psy, si j’assume une de mes voisines, est-ce que ce seront des circonstances atténuantes vu que l’on m’a mise en situation d’échec en étant conscient de mes problèmes ?»

Bref, de ce que je souviens de cette réunion, c’était plutôt une bataille entre la formatrice essayant de motiver ses troupes et les troupes essayant montrer sur tous les niveaux que ça marchera jamais.

À la fin, on m’a demandé si je voulais faire ce suivi, j’ai articulé un «non merci, ce n’est pas ce que je recherche», j’ai appris qu’en fait la personne n’était plus ma référente à Cap Emploi et je suis sortie de la minuscule salle de réunion – un peu en sueur – pour me diriger vers l’accueil et prendre rendez vous avec ma vraie conseillère Cap Emploi (histoire de dire que «si si, j’ai des projets»).

État des lieux des poilus

Ma séparation de Dog a été – et est toujours – difficile à avaler. Pas la séparation en elle même, mais le fait de me rendre compte que je ne pouvais plus supporter de vivre avec un vieux chien et ses process déclinants, au point d’envisager l’euthanasie comme seul échappatoire pour ma propre souffrance. (Nous étions aussi dans un moment assez compliqué au niveau professionnel et personnel, ça n’a pas aidé à maintenir l’harmonie…)

Dog n’a pas été euthanasié, il a pu partir vivre là où il allait en pension lorsque je ne pouvais pas le prendre avec moi. Il retrouve goût à la vie, il s’est remis tout comme moi du point mort où était arrivé notre relation et je suis ravie de voir de temps en temps des photos de lui, de prendre de ses nouvelles… J’espère toujours trouver un moment dans mon agenda pour aller le voir, mais il faut pour cela programmer un long voyage.

J’ai envisagé l’idée de reprendre un deuxième chien mais je ne m’en sens pas capable. De toute façon ce n’est pas possible financièrement pour le moment.
Un jour. (Ou pas)

Avec l’état déclinant de Cookies, j’avais peur de me retrouver avec uniquement Baz comme chat (ça ne lui aurait pas déplu je pense mais moi si !). J’hésitais : un chaton ? Deux chatons ? Un chat adulte ? On avait craqué sur un chat diabétique en FA, mais il a trouvé une famille avant, tant mieux pour lui !
Retour sur les chatons, des amis en ont (des sauvetages bien sûr) mais je n’arrivais pas à me décider. Du coup, la Vie a décidé pour nous.

La semaine dernière, j’ai eu comme première surprise d’entendre des «miiiii ! miiiii !» derrière mon banc en rentrant de promenade. Une chatonne de 4-5 mois toute noire ! Un peu méfiante, mais ça va beaucoup mieux depuis.
Le lendemain, rebelote, dans la véranda, avec une petite chatonne de 2-3 mois tigrée et blanche !
Nous voici donc avec deux chatons, ce que nous voulions.

Sûrement une volonté de Cookies avant de partir !

À la prochaine Cookies !

Chère Cookies,

Je n’arrive pas à dormir ce soir, alors je t’écris cette première lettre. J’espère qu’elle arrivera bien là où tu es maintenant. J’espère avoir pris la bonne décision aujourd’hui en choisissant pour toi l’euthanasie. Bonne est un drôle de mot dans un cas pareil.

«Mais tu souffrais trop.»
Pour moi, ces mots ont une mauvaise résonance, mais je vais devoir faire avec.
Avec des «mais tu souffrais trop», on peut parfois prendre de mauvaises décisions, j’espère que ce n’est pas le cas aujourd’hui.
Et espérer d’avoir mis fin à des souffrances en choisissant l’euthanasie me paraît tout autant étrange à bien y réfléchir. Presque un aveu de ne pouvoir supporter d’avantage, «qu’on en finisse».

Je ne sais pas.

Je vais arrêter d’explorer cette piste qui ne m’apportera que souffrance faute de savoir.

Je vais me contenter d’accepter ta mort, d’accepter d’avoir pris cette décision.

Et puis de t’aimer, encore et toujours.

Je ne regrette pas le jour où on est venu te chercher à la fourrière sans trop savoir à quoi on s’attendait. Ni même d’avoir réussi à négocier avec tes anciens gardiens de te garder car tu nécessitais des soins.
Des soins, tu en as eu pas mal quand même, j’espère qu’on ne t’a pas trop embêtée !

Plusieurs opérations pour tes dents, on a vérifié ce soir, il ne te restait plus qu’un croc, au revoir les quenottes ! On est persuadée de récupérer ce croc au milieu de tes cendres, vu comment il a tenu, il résistera bien à l’incinération !
Puis ta bronchite chronique pour laquelle tu acceptais que l’on te fasse des inhalations avec ce drôle de masque. Enfin, tu acceptais ça pour le yaourt que tu avais ensuite ! Du yaourt à la vanille. J’espère que maintenant tu peux en manger sans avoir de nausées.
Après, ton hyperthyroïdie… Au début de ton traitement, tu faisais de l’hypothermie, heureusement qu’il y avait le poêle ! On te réservait une place spécialement devant. J’espère qu’il y a des poêles là haut, avec de bons coussins qui t’attendent.
On a cru te perdre quelques mois plus tard, un vilain virus de passage et une fièvre qui ne voulait pas tomber. Et tu es rentrée à la maison avec de l’interféron. C’était juste un mauvais moment à passer.
Tu as été tranquille une grosse année ensuite, bon, il y avait ton hyperthyroïdie mais tu avais juste un cachet à prendre par jour.
En juin dernier, avec tous nos déplacements, tu as montré les signes d’un pincement intervertébral. On a pallié aux douleurs, tout roulait pour toi.
Enfin, c’est ce que l’on croyait : tu ne mangeais plus que très peu. Prise dans mes tourments, je ne l’ai vu que lorsque la véto t’a mise sur la balance. S’en suit de longues tentatives pour te faire manger, le poulet a eu du succès. J’espère que tu peux à nouveau te régaler maintenant.

Dégradation, échographie, lymphome ?

Un mois plus tard, nous sommes aujourd’hui. Le lymphome n’a pas été totalement diagnostiqué, mais les douleurs sont réelles.
Dit comme ça, on dirait que ta vie est un dossier médical. Quelle idée de prendre en charge un chat de 15 ans ! Enfin, tu seras arrivée à presque 20 du coup.

Il n’y a pas eu que des visites dans diverses cliniques avec nous, il y a aussi eu plusieurs déménagements.
Nord, Pas-de-Calais, retour dans le Nord, Cantal. Et puis cet été, des voyages : tu as pu voir les Pyrénées entre autres !
Tu avais pris le pli dans la voiture, plus de cage et même plus de harnais – de toute façon tu arrivais à le retirer – tranquille dans un coin à l’arrière ou devant sous les pieds de la passagère. Bon, tu miaulais encore au début ou quand ça tournait trop, mais c’était vraiment pour la forme.

Tu as vu pas mal de chats aussi, et tu n’étais pas avare quand il s’agissait de donner des baffes ! Mais ça s’arrêtait là. Tu as aussi vu les chiens s’intégrer dans la maison, petit à petit, mais tu étais là avant !
Et la semaine dernière, deux chatonnes sont arrivées, à un jour d’intervalle. Ce n’était pas voulu de notre part, elles sont arrivées d’elle même. Peut-être que c’était toi qui les avait fait venir ? Je ne voulais pas me retrouver avec un seul chat, et je n’arrivais pas à me décider à adopter.
Une Cookies, ça vaut bien au moins deux chatons, non ? Pas qu’un seul !

Ce soir, on a mangé à la pizzeria. Pas de bouteille de vin pour une fois, je ne supporte plus vraiment et j’avais déjà une migraine. Juste une glace en dessert : «cookie dough». Faute de Cookies’ paw.

Le prochain épisode, c’est ton incinération. On va aller faire un tour en Corrèze pour te voir une dernière fois et récupérer tes cendres.
Plus qu’à prendre le rendez-vous.

En tout cas, sache que l’on te fait plein de papouilles (et plein de bisous même si tu n’aimes pas trop, mais nous on aime !) et que l’on pense très fort à toi.

La maison semblait vide sans toi. Pas de Cookies pour venir me faire un câlin dans le lit. Peut-être pour ça que je n’arrive pas à m’endormir.

Je vais finir ma tisane et remonter me coucher. Peut-être qu’en pensant très fort à toi je te sentirais sur ma poitrine en train de ronronner ?

On t’aime Cookies, amuses toi bien avec Pistache, Post-It-, Chipette et tous les autres.

Cookies observe les Pyrénées

Texte écrit lundi soir, faute de box en fonctionnement, je ne peux le publier qu’aujourd’hui. Désolée de ne pas avoir pu donner de nouvelles après l’euthanasie, mais – en dehors d’avoir une réunion pour la chorale – je n’avais déjà plus d’accès Internet. J’arrive à passer par le téléphone de Wane en ce moment (quand elle est là).

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