Période troublée pour nous.

Où serons-nous à la rentrée ?
Allons-nous devoir déménager ?
Allons-nous réussir ?
Cookies sera-t-elle avec nous ?
Si nous déménageons, comment se passera sa poursuite des soins ?

Poursuite des soins, mais aussi pour moi. J’avais pu trouvé un cadre accueillant avec le CMP d’Aurillac, mais où vais-je atterrir ? Comment seront les structures ? Dois-je dire au revoir à mes soignants ?

Il suffit de s’accrocher à un mot et les questions apparaissent aussi subitement. Des questions, j’en ai tout plein en ce moment sur mon avenir.
Avenir, avenir… Vais-je réussir à me trouver une activité professionnelle ? Dois-je reprendre une formation ou des études ? Dans quelle structure me placer ? Pour ne pas faciliter les choses, Pôle Emploi m’a radiée du fait de ma santé. Comment accéder au suivi et aux formations de Cap Emploi, organisme prenant la suite de Pôle Emploi pour les personnes handicapées ?

Où serons-nous dans les années à venir ?
Où serais-je dans un mois ?
Où, où, où…

Alors, en ce moment, j’essaie de me recentrer sur moi, faute de pouvoir compter sur des repères extérieurs (la météo n’aide pas non plus). Je mets en place des objectifs pour «devenir meilleure». Je n’ai pas su le formuler autrement. En lisant à nouveau, je tombe sur des méthodes pour «changer de vie». Je sais que je veux «changer», mais pour devenir quoi ?

En discutant en ligne, on m’a demandée ce qu’était la schizotypie, le nom de l’affreuse maladie notée sur mon dossier pour la MDPH. Je ne savais pas. Personne ne me l’a expliquée, et je n’ai jamais demandé. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit de demander à vrai dire, c’est juste un mot. Non ?

Durant les vacances, j’ai eu le malheur de me lever suite à deux cauchemars successifs et d’en parler à la première personne que je croisais dans la maison de vacances. S’en suivi tout un discours sur la prise en charge médicale. «Il faut que tu saches ce que ça veut dire». Pour moi, ça voulait juste dire que c’était une mauvaise nuit, peut-être que j’étais un peu plus stressée que d’habitude, peut-être que la nuit a été perturbée par des phénomènes extérieurs, peut-être… Les soignants ne pourront jamais répondre à la question du pourquoi, et j’avoue que je m’en fous, je ne veux pas savoir pourquoi, je veux juste aller vers un mieux.

Plusieurs écoles s’affrontent sur ce sujet. Pour moi, savoir pourquoi ne va pas donner les clés du comment aller mieux. Je peux chercher plein de raisons à ce pourquoi, elles colleront toutes à la situations selon les croyances de chacun. Alors, à quoi bon ?
Le «comment s’en sortir» est beaucoup plus intéressant. Il nécessite quand même un état des lieux, je crois que je bloque dessus d’ailleurs.

La littérature «feel good» a ce pouvoir de diffuser le développement personnel sans en faire un livre lourd à lire. Ça se lit même très facilement (bon, après, on n’accroche pas forcément aux personnages, d’où le besoin de lire des livres plus «scientifiques» qui vont t’expliquer que c’est normal, et qu’il faut continuer de lire les aventures de ces personnages à qui tu as envie de mettre des baffes juste pour le fait de trouver des avis différents de ce que tu penses). Sur «L’Homme qui voulait être heureux», moi aussi je me suis posée la question de «sans aucune contrainte, quelle serait la vie où tu serais heureuse».
On se rend alors bien compte que c’est un livre et que le personnage répond aux lubies de l’auteur, car moi, je n’ai toujours pas trouvé la réponse, pas faute d’y avoir réfléchi.

Bref, en ce moment, j’ai décidé de faire du sport (il paraît que ça permet de retrouver de l’énergie, il paraît…), de lire, d’acquérir de nouvelles connaissances, d’écrire, … et tout plein de choses qu’on lit dans les livres de développement personnel.
Qui ne tente rien n’a rien (et il paraît qu’il ne faut pas partir défaitiste).