Les Poilus Cantalous

Nouvelle vie d'une famille très… poilue

Mois : juillet 2017

Dépression, il faut qu’on parle.

Chère Dépression,

Tu ne m’es pas si chère que ça en fait, mais passons.

Je ne sais plus quand notre relation a débuté, les affres de notre vie commune, mais j’aimerais y mettre fin. Tu sais, tu n’es pas facile tous les jours. Jamais, en fait.
J’en ai plus qu’assez de tes sales habitudes, de rentrer, de tout mettre par terre sans rien ranger, et de me laisser ramasser les miettes par-ci par-là quand tu te décides enfin à repartir (pour hélas, peu de temps).
J’en ai assez du corps douloureux que tu laisses derrière toi, mon corps pour être plus précise. Même pas suite à des ébats torrides. Tu ne m’as jamais fait plaisir en fait. Plus de 10 ans avec toi, bonjour les dégâts.

Bref, mettons un terme à tout cela, je crois que cette relation ne convient qu’à toi. Moi, là, j’ai mal. Une migraine. Peut-être trop de larmes refoulées. Je suis apathique et j’ai perdu toute envie. Même l’envie de me débarrasser de toi. Plus aucune force. Lessivée la Phnix ! Si tu pouvais partir sans dire un mot, sans faire de bruit, et ne plus jamais revenir, ça m’irait encore mieux.

Tu sais, j’étais mieux sans toi. Je parlais il y a peu de mes passions retrouvées. Peut-être parce que tu prends plus souvent des congés. Mais quand t’es là, j’oublie toutes mes bonnes résolutions, je me mets devant mon écran pour que « ça passe ». C’est le seul truc qui passe, tout autre activité demande beaucoup trop d’énergie. Et de l’énergie, tu ne m’en laisses pas assez.

Tu reviens toujours sans prévenir. Je suis bien, et te voilà. Tu gâches toujours tout. T’es vraiment pas la compagne idéale Dépression, du moins, si on veut être épanouis. Et épanouie, j’aimerais l’être un peu. J’aimerais bien retrouver l’énergie que j’avais avant de te rencontrer. J’espère d’ailleurs que tu vas me rendre tout ce que tu m’as retiré durant ces longues années. Un peu comme des arriérés, quoi.

Puis, quand t’es là, je suis obligée d’être à 100% avec toi. J’aime pas trop la relation exclusive qu’on a toi et moi. J’aimerais mieux m’occuper de mes animaux (d’ailleurs ils ne t’aiment pas trop) ou de ma chérie. Bah oui, parce que tu crois que je veux continuer avec toi ? Non non, pas de couple à trois, tu ne me la piqueras pas, elle. Et t’iras voir ailleurs. Ou nul part, c’est mieux que tu restes seule Dépression, ou alors que t’ailles voir un psy.

Parce que pour le moment, la thérapie de couple, c’est moi qui ait du me la coltiner. Tout le monde nous dit de nous séparer mais tu ne les écoutes pas. Tu devrais. Moi j’arrive pas à vocaliser, tu m’empêches de m’exprimer, et si tu me laissais faire, je t’enverrai balader à grand renfort de coup de pieds. Je suis sûre que Nounouk claquerait des dents, pour la forme.

Bon, Dépression, tu pars quand ? J’espère qu’il n’y a pas besoin de préavis… Parce que j’ai pas l’impression de former un vrai couple avec toi. J’ai pas non plus l’impression de t’avoir embauché ou t’avoir choisie comme amie. Et j’ai pas spécialement envie d’être ton employée alors que j’ai bien l’impression d’être sous tes ordres.

Pour la rupture de contrat, on signe où du coup ?


Lettre inspirée par : http://www.madmoizelle.com/lettre-rupture-depression-62-jours-804805
J’espère que cela va me permettre de lire les 62 articles !

Quand même, je suis un peu cinglée.

Discussion chez l’esthéticienne, on dérive sur l’acquisition de nouvelles langues (enfin, je dérive !) et je donne donc mes avis sur telle ou telle langue.

Vous êtes un peu cinglée, quand même.

L’esthéticienne, avec le sourire, après ma déclaration comme quoi le norvégien ne m’a pas l’air si compliqué au stade de mon apprentissage.

Bien que Erwane me considère comme passionnée, je n’ai plus l’impression de me lancer à fond dans un sujet depuis bien longtemps.
Mon parcours et ma santé ont fait que j’ai abandonné – obligée ou non – pas mal de choses. Soit je ne pouvais pas poursuivre dans cette voie, soit je perdais toute motivation face à la complexité (allant de pair avec l’esprit concurrentiel du système éducatif).

La dernière passion dont je me souvient, c’est  Harry Potter et son univers. Des personnes ont bien essayé de m’y dégoûter mais je m’y suis accrochée. J’engloutissais les lectures autour de l’univers, je passais un temps faramineux sur les sites dédiés (et c’était bien là le premier moment où je développais mes compétences sociales).
Même après le début de la dépression, j’ai continué. Cependant, ça n’avait plus vraiment la même saveur.

Il y a un an, j’ai recommencé à lire. Progressivement. Ma bibliothèque, qui se vidait au fur et à mesure des tris et des déménagements, revoit ses rayons se remplir. Petit à petit, je reprends goût à la lecture. Les romans ne sont peut-être plus ce que je préfère (je suis d’ailleurs pleine d’appréhension sur cette branche de la littérature, mais je recommence à en lire !), alors je m’ouvre aux livres sur le bien être et la psychologie positive. Grâce à Emmaüs, je lis les œuvres de Christophe André (et de bien d’autres !), grâce à une amie, Matthieu Ricard (alors que j’avais offert auparavant un de ses livres à mon père !). Suite à des conférences, c’est au bien être animal que ma bibliothèque tend les bras (même si l’éducation canine en positif avant bien amorcé les choses).
À côté de ça, j’essaie de m’exercer quotidiennement au yoga et à la méditation, les livres me donnent les exercices à suivre. Ce n’est pas aussi régulier que je le voudrais, mais toujours mieux que rien !

Je lis, les livres s’accumulent (il faudra peut-être que je range ?), je retrouve des passions. Une première en 10 ans.
Je m’ouvre un peu plus au monde, tout du moins, j’essaie, et pour la première fois de ma vie, j’ai enfin l’impression de pouvoir discuter de choses intéressantes et d’apporter du contenu aux conversations.

Enfin, pour moi.

Parce qu’a priori, je finis par passer pour une cinglée quand je me lance un peu trop fort.
Tant pis ! Je n’abandonnerai pas pour autant, j’ai même pu maîtriser une conversation avec des Témoins de Jéhovah, ce n’est pas vain !

Bref, trois ans et demi après mon départ de la fac, deux ans et demi après avoir quitté mon dernier emploi, j’ai enfin l’impression que je suis prête à apprendre et à devenir meilleure.

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