Les Poilus Cantalous

Nouvelle vie d'une famille très… poilue

Mois : septembre 2016

Le Sentier

Respiration digne de Darth Vador.
Du moins, au début !
Ensuite, le corps s’adapte et enchaîne les foulées.
Le pied, d’abord instable, trouve son équilibre.
Nous sommes loin d’un chemin goudronné.

La végétation défile.
Le pas est plus léger lors d’une descente imperceptible.
Plus lourd lorsque celle-ci fait place à une montée.

L’Humaine loin devant, Anouk entre, impression d’être seule au monde dans ce labyrinthe végétal.

Temps frais, c’est agréable.
Pas de bruit de circulation, juste le vent dans les arbres, juste les oiseaux au loin.

Nous sommes parties ensemble, mais l’Humaine m’a devancée.
Anouk a suivi en tête mais m’attend, parfois, quand le chemin se modifie.

On alterne les paysages.
Au milieu des pins, chemin de terre et racines sournoises cachées par la végétation au sol.
Le Cassan, habitation des chênes, plus dégagé au sol, mais où le ciel disparaît.
La Lande, j’avance au milieu des bruyères, les plantes plus robustes font obstacle à l’effort.
Le Marais Boueux, où pour ne pas s’enfoncer dans la végétation en décomposition, un chemin sur pilotis apparaît !
La Molinie, précurseur de la forêt, bien jaune, mais moins sèche depuis les pluies.
Puis, retour au Cassan, toujours à suivre un sentier bien hasardeux…

Au détour d’un virage, le chemin se coupe en deux, l’un reste dans le marais, l’autre part vers de nouveaux horizons.
Petite angoisse : l’Humaine et Anouk ont-elles suivi le bon sentier ?
Un appel, pas de réponse de l’Humaine.
« NOUUUUUNOUUUUUUUUK » d’une voix bien aiguë, le meilleur rappel.
Une chienne qui arrive 10 secondes plus tard, sur le bon chemin.
Je repars, Anouk réalise un beau dérapage contrôlé et repart vers l’Humaine.
À nouveau seule.

Seule à suivre un chemin qui disparaît à la moindre hésitation pour réapparaître aussitôt.
Un peu stressant…

La course continue, on tourne, on tourne, on tourne.

Retour au début.
Reprise de la marche.
Voiture.
Étirements.
Retour maison.

(Thé!)

 

A l’Ouest d’Aurillac, un complexe de milieux variés (lac, gorges boisées, pelouses sèches, bocages, landes tourbeuses) abritent l’un des plus vastes marais énigmatiques du Cantal, alimentés par une foule de petits ruisseaux. Ces lieux abritent de nombreuses richesses naturelles que vous pouvez découvrir par un sentier de découverte récemment aménagé.

Pourquoi me parler de culture quand on ne sait pas planter une salade ?

Paris.
Ville de culture à l’image de ses plantations sur balcon : hors-sol.

La famille s’agrandit ! Une nouvelle humaine, 24 ans.
Deux chats, deux chiens, deux humains. On commence notre Arche !
Peut-être l’adoption la plus difficile, il aura fallu braver Paris durant un peu plus de 36h (ainsi que l’aller/retour Cantal-Paris).

 

Plusieurs heures de route dans Paris, autant profiter de ma venue dans la capitale pour aller rendre visite à mon frère. Après avoir récupéré la petite camionnette utile au déménagement, direction : l’autre côté de la ville (on aime les choses simples) !

A priori, le chemin le plus court selon mon GPS était de traverser la ville de l’intérieur et non de tout simplement prendre le périphérique (simplement est un grand mot quand on parle d’un périphérique, d’autant plus parisien).

Deux heures de découverte de la circulation locale et de la vie intra-muros. Beaucoup de questions, peu ou prou de réponses. Puis, une nouvelle heure avant de rejoindre le studio qui se prépare lentement à la rupture. Travail de self-control, les chiens, patients à l’arrière, ont été particulièrement remarquables malgré la chaleur et la lourdeur accablant le milieu.

36 heures dans le bruit, dans les odeurs, dans la chaleur lourde, dans la foule, dans le chaos… 36 heures me préparant à savourer mon retour dans le Cantal.

Samedi midi. Camionnette et voiture chargées, chiens installés, GPS en place, on part !

Départ à l’image de la cité : chaotique. Les travaux rendent l’orientation bien difficile tandis que la circulation chargée n’aide pas à se préparer aux heures de trajet qui nous attendent.

L’arrivée sur l’autoroute permet une conduite plus reposante, mais quelque peu soporifique : l’auto-radio peine à me maintenir éveillée. Les chiens nous obligent à profiter des arrêts pour se promener sur l’herbe, une aire d’autoroute nous a même permis de faire un tour autour de l’étang, la brise se chargeant de nous rafraîchir. Anouk gambade et trempe ses pattes dans les petits cours d’eau, Dog renifle à droite à gauche, profitant des restes des précédents voyageurs.

Fin du réseau autoroutier en Corrèze, aucune autoroute ne passe dans le Cantal, ça ne me manque pas vraiment. Au loin, les montagnes apparaissent, les arbres se font plus présent. On traverse la Dordogne pour se retrouver face à LA montée.

Ne pas passer par Clermont-Ferrand me fait rester bien plus longtemps dans le « plat pays », mais cette contrainte en vaut la chandelle : une montée sur une vingtaine de km pour arriver sur les plateaux du Cantal (la maison « culmine » à 630m d’altitude).
Je me baisse sur le volant, les pieds sur les pédales, la main prête à changer les vitesses, les bras en tension, le regard vif et le sourire aux lèvres.

« Yahouuuuuu ! »

Cri puéril mais pleinement justifié après 48 heures sans ces montagnes que je me suis appropriées.
Accélération, hausse du taux d’adrénaline, c’est parti pour une vingtaine de minutes de pur plaisir !

Merci Paris.

Merci de me faire comprendre à quel point je suis bien chez « les bouseux » !

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